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Index des articles > Visites et interviews > Opozit Bike

 
 
Opozit Bike
 
 

Article posté par @BrunoD.
Paru le mardi 14 janvier 2014 à 20:16
Vu 1492 fois.
Note : etoiles4 (4 votes)

Opozit Bike

Interview d'un petit artisan Breton



Pour cette deuxième présentation d'un artisan du cycle, nous revenons un peu plus près de chez nous, avec l'interview de Stéphane le co-fondateur d'OPOZIT BIKE, fabricant de cadres à l'Armoricaine (Côtes d'Armor). Ayant 1/4 de gène de cette région, çà me fait plaisir de vous en parler




Bonjour Stéphane, est-ce que je peux vous tutoyer ?

Bonjour Bruno, oui, on peut se tutoyer ça sera plus simple. Je te remercie de nous aider à mettre la lumière sur OPOZIT.

Super, quand a commencé l'aventure Opozit Bike et pourquoi ce nom ?

J’ai toujours été un passionné de vélo depuis tout petit, j’étais en club dès l’âge de 6 ans. J’ai d’abord commencé par la route, à l’époque le VTT n’existait pas encore, puis j’ai eu un BMX pour mes 8 ans. Avec des amis on s’amusaient à sauter des petites buttes de sable, nous passions nos après-midi à ça. Nous avions créé notre club de cross, ou chaque membre portait un nom d’oiseau, moi c’était le faucon. Puis, mes amis changent d’école et le BMX est mis entre parenthèse. Je refais de la route hors club, le système fédéral ne m’attire pas.

A 15 ans, on m’offre mon premier VTT, et depuis je n’ai plus lâché. J’aime faire la maintenance de mes vélos, comprendre comment ils sont montés.

En 1995, je découvre la descente VTT sur Eurosport, je trouve ça super, je commence à en faire sur mon semi-rigide (un Wheeler acheté qu’en j’étais aux USA), je me souviens il avait une fourche élastomère pourrie, que j’avais remplacé par une Sunn obsys 40, pas du tout adaptée à une pratique agressive mais je m’éclate. Le matos VTT commence à évoluer et à devenir de plus en plus high-tech.

En 1999, je m’achète un Cannondale avec une fourche moto 120, le top à l’époque. Je suis en plein dans mes études d’ingénieur, dans le magazines et les vidéos, on voit toujours les tops pilotes avec des cadres ou des pièces customs. Je me rappelle du vélo de Vouilloz, le Sunn radical plus, qui en apparence ressemblait à celui du commerce, mais il avait une géométrie et des débattements bien différents du vélo de série.J'en rêve, mais je suis frustré car je n’ai pas accès à se matériel (problème de niveau malheureusement). C’est alors que commence à naître l’idée de faire mon propre vélo. Je me souviens dire à mes potes d’école d’ingénieur que j’allais créer ma propre marque de vélo. Mais les études prennent du temps, le projet est mis en suspend et l’idée fait son chemin. Mes études d’ingénieur en science des matériaux m’amènent à travailler dans une boite fabricant les turbines de moteurs à réaction. Mon travail est d’encadrer des soudeurs, j’en profite pour apprendre le soudage TIG grâce à quelques uns de mes soudeurs.

A partir de 2003, je commence à faire des designs de cadres et d’accessoires, j’apprends à utiliser solidworks et je me penche sur la cinématique des suspensions qui à la base ne font pas partie de mon domaine d’étude.

En 2005, j’ai un premier design complet de vélo de descente, je veux le faire fabriquer, Ghislain (mon meilleur ami) m’aide à démarcher des entreprises pour l’usinage des pièces et le soudage. J’ai déjà acheté des tubes Easton RAD de mon coté. Mais le parcours est compliqué les devis prohibitifs et les personnes capables de faire du one-off (prototype) dans l’industrie du cycle peu nombreuses.

On arrive alors en 2008, ou je décide de me lancer dans la fabrication de mes cadres par moi même. Mon expérience de soudage est lointaine, je décide alors de tout reprendre, en commençant par le soudage oxyaétylène qui est n’est pas assez efficace à mon goût. La découpe des tubes est aussi un point crucial, j’investis alors dans une fraiseuse et un poste à souder achetés sur ebay. Et c’est parti, je commence mes premières expériences, tout d’abord avec une maquette pour valider ma technique de soudage. Puis je me lance alors dans la fabrication de mon premier hardtail typé DIRT car je fais partie des fondateurs d’une association le Noyal Shore qui a créé sont propre terrain de DIRT, j’ai alors le terrain idéal pour tester mon cadre.

Fin août 2009, le cadre est soudé et monté pour les premiers tests au terrain. Je décide de créer ma marque que j’appelle BelleVueDesigns, c’est tiré du nom de la rue où j’habitais. Les essais se passent bien et Manu, un pote de ride qui envoie du gros casse son cadre alu. Je lui propose de lui faire un cadre, et Manu (aventurier) me dit banco. Je lui dessine un cadre sur mesure avec un design dont j’ai discuté avec lui.

Le vélo roule en Avril 2010. Pierre Gouret qui est le président de l’association Noyal Shore et qui est aussi un ami est très intéressé aussi pour faire partie de l’aventure. Nous sommes alors 2 , on commence par discuter sur la philosophie du vélo, la manière dont on le pratique, comment on voit la fabrication d’un vélo. On pense à un autre nom que BelleVueDesigns. Durant un session au Noyal Sore avec Pierre, on s’amusait à faire l’opposé des figures que l’on avait l’habitude de faire, dans le langage Dirt, c’est un oposit. On a tout de suite tilté dessus, on a remplacé le S par un Z et on a mis le i à l’envers; OPOZIT était né. Ce nom colle bien à notre état d’esprit qui est de faire les choses comme on les voit et pas forcément suivre la tendance du marché.


Et bien, c'est une sacré histoire. Je remarque qu'il y a un retour vers le marché local du cycle en France et surtout des artisans. Qu'est ce qui vous différencie des autres ?

Je ne connais pas suffisamment les autres artisans pour savoir ce qui nous différencie vraiment. La différence pourrait se faire sur la pratique souvent les artisans sont focalisés sur un seul type de pratique, chez OPOZIT, on fait des vélos de DIRT, de route, du 29 pouces, on a aussi un proto de DH et de slope style dans les cartons. Pierre et moi, nous sommes assez mutlisport, et nous pensons qu'un rider complet sait se servir de tous les types de vélo.

La soudure c'est un métier récents pour toi, même si tu avais déjà fait çà avant ?

J'ai appris durant mon travail d'ingénieur grâce à des soudeurs, puis je m'y suis remis de manière autodidacte, de même pour l'usinage que je n'avais jamais pratiqué avant de faire des vélos. C'est un long process passionnant, et j'avoue que mon bagage d'ingénieur a été fort utile.

Quelle(s) technique(s) utilises tu pour les soudures ?

Pour les soudures, j'utilise le soudage TIG (Tungsten Inert Gas). Un arc électrique est créé entre une pointe en tungsten et le métal, cet arc permet la fusion des pièces en métal à assembler. La torche est tenue d'une main et le métal d'apport est apporté par l'autre main. L'Argon sert à protéger l'arc et le métal en fusion de l'air ambiant permettant d'avoir des soudures de qualité.

Tu n'es donc pas seul, combien de personnes occupe Opozit ?

Actuellement, nous sommes 2, Pierre Gouret et moi même. Mais nous faisons des rencontres. Et actuellement, Il y a Thibault MaitreJean de TMPFilms qui nous a fait une superbe vidéo de promotion du cadre de Dirt. Et Olivier Beaugier de Ride-lab qui m'aide beaucoup dans la création d'un projet autour du cadre de 29 pouces.

Les cadres sont fait sur place donc je suppose que tout est possible: 650b, singlespeed, Rolhoff, transmission par courroie, tête conique, etc ... ?

Les cadres sont fait surplace, et en effet tout ce qui rentre dans nos compétences techniques est possible. Mais attention, nous avons notre visions des choses, et il est important pour nous que la relation avec un acquéreur de vélo OPOZIT soit bonne et que le partage des valeurs soit proche.

Tu utilises quels tubes de chez Colombus ? Et uniquement ce fournisseur Italien ?

J'utilise des tubes Nova de chez Columbus, car ceux sont des tubes de qualité avec un choix de formes et d'épaisseur important. Nous aimerions d'ailleurs collaborer avec les fondeurs de tube dans le futur si OPOZIT avait le poids nécessaire pour jouer un rôle auprès des fondeurs. Nos fournisseurs sont aux USA et en Angleterre. Malheureusement en France, ils sont rares et peut réactifs à la demande.

Qu'en est-il de la peinture et des accessoires, c'est fait dans la région ?

Nous faisons nous même la peinture. Pour le montage, c'est au rider d'avoir ses composants, même si un de nos objectifs est l'intégration d'un maximum de composants au cadre pour avoir une plateforme homogène. Ainsi le rider peut se concentrer uniquement sur sa sortie.

La question qui est classique mais combien couterais un cadre singlespeed et les prix des options éventuelles ?

Un cadre nu commence à 700 euros. Ensuite le prix peut monter en fonction des désirs de l'acquéreur. Comme nous faisons du sur-mesure, le cadre est un ensemble définit dès le départ avec le futur possesseur du cadre. I n'y a rien de standardisé, on peut donc pas encore parler d'options. Les contraintes de fabrication ainsi que le temps passé sont les éléments qui font varier le prix.

Pour finir, quels sont les projets/souhaits d'Opozit Bikes dans les années qui viennent ?

Nos projets sont d'avoir une gamme de vélo homogène et complète mais aussi de porter nos efforts sur des séries limités et des projets exclusifs ou un seul vélo peut voir le jour. On aime faire des vélos uniques.

Notre souhait, c'est aussi de continuer a progresser dans notre autonomie, nous voulons tout faire chez nous, de la fabrication des pièces à la peinture. Si nous avions un rêve, le but ultime serait un vélo avec que des composants Opozit comme les suspensions, les roues, la transmission. Et si on pousse la folie jusqu'au bout, élaborer nos propres alliages et nos propre tubes. Mais là, c'est de l'ordre du rêve.

On veut aussi botter le cul à toutes ces marques qui font souder en Asie et qui colle "made in France" ou "made in USA" sur leur cadre, tout çà par ce que le vélo a été assembler en France avec des composants tout fait en Asie.

çà nous met les boules, ils prennent les gens pour des cons. Les gens devraient arrêter d'être des suiveurs.

Merci Stéphane pour les réponses et bon vent.

 

 

Infos : Opozit bike

Bruno